Et si ce que je ressens ne m'appartenait pas ?
- exfloreo
- il y a 2 jours
- 3 min de lecture
Parfois, une émotion s'installe sans prévenir. Elle ne crie. Elle ne s'explique pas. Elle est là, simplement. Parfois même, elle a toujours été là, sans que l'on comprenne pourquoi.
Une tristesse qui revient régulièrement. Une peur qui serre la poitrine alors que rien ne nous menace objectivement.
Un angoisse pèse intérieurement, sans que l'on puisse la nommer.
On cherche une cause dans le présent. On analyse, on rationalise,
Parfois, on cherche pendant des années de thérapie,
On tourne autour...
Et pourtant quelque chose ne colle pas.
Et si cette émotion n'était pas née ici ?

Un ressenti ancien,
Il y a des ressentis qui semblent anciens.
Pas par leur intensité, mais par leur familiarité.
Comme s'ils avaient toujours été là. Comme s'ils faisaient partie du décor intérieur.
Comme l'impression de porter une histoire qui n'est pas la nôtre.
Ce ne sont pas des mots en l'air.
C'est souvent une sensation très précise, et très familière.
Un mélange de fidélité, de tristesse, de responsabilité diffuse.
Quand l'histoire familiale continue à travers nous
L'analyse transgénérationnelle invite à déplacer le regard.
Non pas vers "ce qui ne va pas", mais vers ce qui a été vécu avant nous.
Dans une famille, tout n'a pas toujours pu être dit.
Certains événements ont été tus.
D'autres ont été traversés dans l'urgence, sans espace pour les émotions.
Ce qui n'a pas été exprimé ne disparait pas.
Cela cherche parfois un autre chemin pour exister.
Permettre l'expression de ce qui n'a pas été dit
Sans en avoir conscience, une femme peut devenir le lieu d'expression de ce qui n'a pas trouvé sa place ailleurs.
Elle ressent pour celles qui n'ont pas pu.
Elle porte pour celles qui ont dû se taire.
Elle reste forte là où d'autres se sont effondrées,
ou s'effondre là où d'autres ont dû être fortes.
Comme une mouvement d'amour, profondément inconscient.
Mais, ce qui a été porté par loyauté peut devenir lourd à vivre
et doit être "rendu à ses ancêtres".

Mettre de la conscience sur ces mécanismes
Mettre de la conscience et se désidentifier change la relation à l'émotion.
Elle n'est plus un ennemi à combattre,
ni un mystère à résoudre,
Elle devient un message, un indice
et l'on peut s'en libérer, car nous n'en avons plus besoin.
Comprendre que certaines émotions sont héritées permet de sortir de l'identification et de rendre sa place à chacun dans la lignée.
Ce n'est pas qui je suis.
C'est ce que je porte. Et je choisis de ne plus le porter.
Comprendre sans renier son histoire
Se libérer de ce qui ne nous appartient pas ne signifie pas rompre avec son histoire.
C'est au contraire, comprendre son histoire et rendre sa place à chacun, reconnaître les blessures et les injustices vécues.
Il ne s'agit pas de rejeter le passé, de juger nos ancêtres,
mais de cesser de le faire vivre à travers soi.
Chacun reprend la place qui lui revient
Et la vie peut circuler à nouveau plus librement.
Ainsi,
Se demander si ce que l'on ressent nous appartient est déjà un pas vers plus de liberté intérieure.
C'est reconnaître que certaines émotions ont une histoire, et que cette histoire doit être reconnue pour ne pas diriger notre vie.
Honorer sans porter.
S'autoriser à vivre plus léger.
Alors,
Si ces mots résonnent, si quelque chose en toi se reconnaît ici, sache une chose essentielle :
Chaque histoire peut refleurir
Parfois il suffit d'un espace sécurisant, d'un temps pour soi, d'un accompagnement respectueux de ton rythme pour que la reconnexion commence.
Si tu te choisissais aujourd'hui ?

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